S'aimer ?

S’aimer ?

Réflexions - 22 juin 2018 - 31 commentaires

Pas une semaine ne s’écoule sans que je sois exposée à des messages m’invitant à m’aimer telle que je suis, à m’accepter au naturel ou à célébrer mes parfaites imperfections. Je ne sais pas pour vous mais ces messages, qui se veulent positifs et bienveillants, me rajoutent de la pression supplémentaire au lieu de m’en retirer.

Sois toi-même, mais pas trop

Je le vois bien sur les réseaux sociaux, la tendance est à « l’authenticité » (avec mille guillemets). Mais pas l’authenticité de la vraie vie, genre pyjama et cheveux gras. Il faut montrer ses « imperfections » seulement si elles sont socialement acceptables. Par exemple :
✅ Oui au no make up, si tu n’as pas d’acné
✅ Oui au mannequin plus size, si elle a une morphologie en sablier
✅ Oui aux poils féminins, s’ils ne sont pas trop envahissants

Déjà, on a décidé pour moi que ma cellulite ou mon hypersensibilité étaient des défauts, mais que je devais quand même les aimer. Ensuite, bonjour les injonctions contradictoires : je dois être naturelle (mais pas trop non plus) et je dois m’aimer (mais pas trop non plus). Et face aux modèles qu’on nous présente à longueur de journée, difficile de ne pas se comparer à notre défaveur…

Christina Aguilera

Cette injonction à s’aimer montre d’ailleurs que le contrôle ne s’exerce pas seulement sur le physique mais aussi sur le mental. Le sous-entendu lorsque l’on n’arrive pas à se conformer, c’est : « non seulement tu n’es pas parfaite mais en plus tu n’arrives pas à t’accepter ! ».

D’ailleurs, plus le temps passe et plus j’ai du mal à faire des articles de développement personnel sur ce blog. J’ai parfois l’impression de culpabiliser les gens qui n’arrivent pas à méditer, bien dormir, bien manger, faire du sport, aller en thérapie, écouter des podcasts, sociabiliser… Et puis je sais très bien que mes conseils ne peuvent pas soigner une anxiété ou une dépression ! Au contraire, parfois ça peut empirer les choses, car cela rajoute un message à la multitude de messages qui nous assaillent quotidiennement. Et on se juge de ne pas réussir malgré tous les « outils » mis à notre disposition.

J’ai hésité à écrire sur le sujet de l’acceptation de soi : je suis plutôt privilégiée dans le sens où je n’ai jamais vécu d’oppression liée à mon physique. Je suis blanche, mince, sans handicap visible et plutôt dans les normes de beauté. J’en suis à un point où je complexe de complexer et je ne veux pas renforcer le malaise de femmes qui rencontreraient de plus grandes difficultés que moi. Cela dit, j’espère que cet article permettra de montrer que les messages que l’on nous renvoie sont destructeurs pour énormément de gens. J’ai écrit ce que j’aurais aimé lire, c’est-à-dire un texte sincère sur mes difficultés à m’accepter physiquement et mentalement.

Human in progress

Bref, j’en ai marre de voir ma vie comme une immense to-do list jamais terminée. J’ai l’impression que le développement personnel est devenu un outil du capitalisme, qui nous demande de prendre sur nous au lieu de remettre en cause les dysfonctionnements de notre société. Ton boss te paie une misère ? Deviens minimaliste. Tu es débordée par les tâches ménagères ? Médite. Les normes de beauté t’étouffent ? Fais un travail sur toi-même pour aimer tes « défauts ». Et si tu es toujours malheureux/se, c’est de ta faute !

Certaines personnes vivent des oppressions quotidiennes à cause de leur apparence mais au lieu de combattre ces oppressions, on suggère aux personnes discriminées de s’aimer (et de se taire)…

Et derrière tout cela, il y a l’idée que la perfection physique et mentale est la lumière au bout du tunnel, qu’elle est est synonyme de bonheur et que tout un chacun peut l’atteindre par la consommation et le travail sur soi. On nous fait miroiter que tout est possible, que c’est une question de volonté.

Mila Kunis

J’ai atteint un point de saturation du développement personnel à la « start-up nation » lorsque j’ai commencé à lire Miracle Morning il y a quelques semaines. L’auteur y voit le sommeil, besoin basique s’il faut le rappeler, comme un obstacle au plein potentiel. Il explique tranquillement qu’il suffit de voir son sommeil comme réparateur pour qu’il le soit, même si on a dormi 4 heures ! Enfin, il parle continuellement de médiocrité, comme si la plupart des humains ne se réalisaient pas pleinement…

A cause de cette mentalité toxique, je me vois moi-même comme un chantier permanent : toujours en construction, morcellée, jamais achevée. Nous vivons dans une société qui exige que nous nous mettions des objectifs (inatteignables) et que nous aimions ça. J’ai l’impression d’être un « avant » sur ces photos avant/après sur Instagram. Mais ai-je envie de devenir un « après » qui ne me ressemble pas et au prix d’efforts acharnés ?

Pourquoi faudrait-il s’aimer, d’abord ?

En fait le vrai problème ce n’est pas notre apparence, c’est qu’elle soit si importante dans notre société. Personnellement pour que je me sente belle, il faudrait que j’ai une certaine validation extérieure, c’est-à-dire que je corresponde aux normes classiques de féminité : cheveux longs, jupe, maquillage, talons… Or j’ai renoncé à ces codes il y a des années, car en plus de me demander énormément d’efforts et de temps, j’avais l’impression d’être déguisée. C’est comme si j’avais dû faire un choix entre me sentir belle et me sentir vraie.

J’ai du mal à m’accepter mais paradoxalement je ne me suis jamais sentie aussi libre physiquement. Je cherche moins à modifier mon apparence, même si on me le reproche parfois par des petits actes anodins… Je suis aussi très reconnaissante d’avoir un corps qui me porte malgré ce que je peux parfois lui faire subir.

Aujourd’hui ce que j’aimerais, c’est moins me focaliser sur l’apparence de mon corps avec des images mentales extérieures, mais l’habiter concrètement, en vivant dedans. Je veux passer moins de temps à penser à mon apparence et plus de temps à aimer les autres. Je ne crois pas au message « il faut s’aimer pour aimer les autres », je pense que c’est plutôt l’inverse.

Je ne m’aime pas. Je ne me déteste pas non plus. Peut-être que je peux accepter que je n’aime pas tout chez moi ? Je peux reconnaître que la course à la perfection physique et mentale (mais aussi la course à l’acceptation de soi) est une pression sociale que je subis. Je peux décider de me voir comme une personne entière, complexe, changeante. Une amie m’a dit que sa prof voyait la confiance en soi comme une émotion plus que comme un état, j’aime cette façon de voir les choses.

PS : je me sens apaisée depuis que j’ai commencé à écrire cet article, peut-être que j’avais besoin d’écrire tout ça pour passer à autre chose.

A lire sur le sujet

Beauté Fatale de Mona Chollet (livre)
Les Folies Passagères (page Facebook sur la santé mentale)
Le syndrome du bien-être de André Spicer et Carl Cederström (livre conseillé mais pas encore lu)
Comment je me suis éloignée du mouvement body positive de Kiyémis (article)
EDIT : Développement personnel et lutte des classes de Antastesia (vidéo Youtube)

Photo de Giulia Bertelli sur Unsplash

31 réponses à “S’aimer ?”

  1. mauve dit :

    Wow, merci pour ton article. J’ai moi aussi l’impression de me percevoir comme un « chantier parmanent » et cela fait un moment que je me dis que c’est en effet épuisant. Et la prise de conscience qu’il est nécessaire de « déconstruire » qqch qui était censé être bénéfique l’est aussi !

    • Bleu dit :

      Merci pour ton message, je suis contente que cet article te parle. Oui on passe les 20 premières années de notre vie à apprendre, et le reste à désapprendre (en tout cas c’est mon cas), ça me fait penser à cette citation de Jonathan Safran Foer : « ‘I regret that it takes a life to learn how to live ».

  2. Eloïse dit :

    MERCI ! Il fait du bien ton article.
    Le bien-être de toute part est épuisant. La vie est imprévisible, elle dérange, elle gratte, elle fatigue, elle peut abimer, … C’est épuisant de tout chercher à lisser. Chercher un mieux-être oui, vouloir à tout prix posséder le bien-être en toute situation, quelle illusion ! Conseil lecture : L’intranquillité de Marion Muller-Colard, pour se réconcilier avec notre condition d’intranquilles !

  3. Irène dit :

    Tu résumes bien les choses de manière très synthétique ! J’ai l’impression qu’on est un certain nombre à tiquer sur le marketing parfois toxique du développement personnel, et c’est très sain. Je n’ai pas vu la vidéo d’Antastesia que tu cites mais je vais m’empresser de le faire… Récemment j’ai lu cet article, que j’avais peut être déjà partagé sur twitter, c’est un peu plus brut, mais ça touche juste aussi je trouve : http://www.bloodylucy.fr/2018/05/jemmerde-le-developpement-personnel.html

    • Bleu dit :

      Merci Irène ! Ah oui j’avais vu cet article, il est très pertinent en effet. La vidéo d’Antastesia critique encore un autre aspect du dev personnel, au final c’est intéressant d’avoir ces différents points de vue en fonction de nos vécus.

  4. Azilis dit :

    Ton article pousse vraiment à la reflexion. Je m’y reconnais car il m’arrive de poster des messages sur insta pour encourager les gens à s’aimer, ou du moins essayer. Mais, clairement, je fais ce qui m’aurait fait du bien il y a quelques années. Pour moi, apprendre à m’aimer à été clairement une bouée de sauvetage, parce que je me suis détestée pendant des années. Et clairement, les messages bodypositive (avant que ça ne soit récupéré par le grand capital) m’ont aidé à ça. Pour moi ,ça n’est pas du tout aime toi et tais-toi, mais plutôt aime toi et trouve justement assez de force pour questionner et bousculer les normes!
    Alors ceci n’est que mon expérience perso, parce que je trouve que la vie est plus douce quand on s’aime, j’ai envie de le promouvoir. En revanche, je comprend que ça puisse être perçu comme une injonction perpétuelle… (ma comparaison est sans doute maladroite, mais un peu comme les personnes dépressives à qui on dit « mais sors un peu, ça te feras du bien »…)

    • Bleu dit :

      Merci pour ton témoignage, oui je te rejoins, le body positive est salvateur pour plein de personnes lorsqu’il est inclusif et nuancé. Tout comme le dev personnel peut changer des vies. Et je ne remets pas du tout ça en question, au contraire je suis super heureuse que ça aide plein de gens qui en ont besoin. Le problème c’est quand cette option déculpabilisante se transforme en un nouvel idéal bien culpabilisant :'(

  5. Bla dit :

    Très chouette article, ça fait de bien de lire cela ! J’approuve à mille pour cents ce que tu écris et j’ai l’impression que cela ferait du bien à beaucoup de gens de lire cela. :)

  6. Amande Inn dit :

    Merci pour cet article.
    De formuler ce qui parfois me chatouille. Marre aussi « de voir ma vie comme une immense to-do list jamais terminée ».
    :-)

  7. Delphine dit :

    Merci.
    Même si j’ai adoré tous ces livres, articles de développement personnel que j’ai pu lire, je ressens une grande fatigue, car ça ressemble à un chantier sans fin, où on ne sera jamais bien, car de toute façon on aura toujours quelque chose à améliorer. Et du coup d’être fatiguée et de ne pas avoir l’énergie (l’envie?) me culpabilise énormément. J’en avais oublié le plaisir.
    Tes mots « en vivant dedans » ont raisonné. A force de vouloir sans cesse s’améliorer, cocher les cases, j’en avais oublié le but principal qui est de vivre sa vie, d’en profiter, et ça veut dire aussi avoir le cheveu gras et la flemme, ou camoufler ses défauts parce qu’on n’a pas la force d’affronter le regard du monde aujourd’hui.

  8. blou dit :

    Je crois que je reconnais une partie de moi « avant » dans cet article, particulièrement la réflexion sur les injonctions contradictoires. Je me souviens d’avoir eu une période où j’avais l’impression qu’il fallait que je sois belle en étant le moins apprêtée possible et je n’avais pas la reconnaissance extérieure, ou en tous cas pas suffisante. Je crois que ce qui m’a aidé (rétrospectivement), c’est quand j’ai cessé complètement de me maquiller, épiler les aisselles, jambes. Alors durant ce moment ce n’était pas facile, je sentais des regards, je me trouvais moche et je me suis remise à faire tout ça après. Sauf qu’en fait j’ai comme lâché prise sur mon corps depuis ça. Mais comme toi je suis dans les normes, alors c’est sans doute facile de faire ce genre de réflexion. Toujours est il que cette « retraite » de quelques mois m’a changé mon rapport à mon corps et je crois que depuis j’arrive un peu à vivre dedans (enfin ça c’est quand l’anxiété me lâche).
    J’espère que je n’étais pas trop hs, j’ai eu envie de te partager ça, ce n’est pas du tout pour ajouter une tache à la to do list! Merci pour ton article :)

  9. Madimado dit :

    Pas toujours facile de s’aimer, surtout que la société envoie des signaux on ne peut plus contradictoires. Il faudrait à la fois s’accepter et travailler à devenir « parfaite ». C’est usant. J’avoue que dans l’ensemble j’évite de me poser la question : je suis comme je suis, j’essaie de faire avec. Mais je pense que tu n’es pas du tout la seule à ressentir beaucoup trop de pression sur le sujet :)

    • Bleu dit :

      Oui c’est fatiguant ! En effet il faut lâcher prise, mais parfois c’est compliqué, surtout quand on nous rappelle partout autour de nous comment on est censée être et penser…

  10. Comme tu as raison! A force d’entendre ce qu’on doit faire, ce qu’on ne doit pas faire, penser, manger, s’habiller… on n’arrive plus à « ressentir » simplement et sans prise de tête ce qui est bon pour « nous »!
    Il y a des jours avec et des jours sans. c’est comme ça pour tout le monde depuis la nuit des temps: faut faire avec 😉
    Faire simple facilite les prises de décisions pour… pratiquement tout ce que nous vivons, pensons, mangeons et sans dictats.
    Allons naturellement vers ce qui nous parait le mieux adapté pour notre tandem « corps/l’esprit ».
    Plus on avance en âge et plus on « découvre » ce qui nous réussi … ou pas!
    Moi, j’aime l’idée d’être « en chantier, de chercher de nouvelles options (qui ne sont pas forcement ends solutions!) mais pas dans tous les domaines: c’est épuisant de vouloir tout bien faire ou vouloir tout transformer à la longue.
    On oublie de « vivre » le quotidien avec plaisir sinon…
    Par exemple je n’achète non ne lis presque plus la presse dite « féminine » et bien je ne m’en porte pas plus mal! J’aime certaines couleurs (celles qui me vont;-) et pas d’autres. Tant pis si ce ne sont pas celles qui sont à la mode en ce moment.
    Etc… Et je vis bien mieux.

  11. Amélie dit :

    Ton article m’a tout de suite fait penser au livre Le syndrôme du bien-être que tu cites à la fin de l’article et que j’ai lu il y a quelques mois ! Je le trouve parfois un peu extrême dans les exemples qu’il cite mais il est vraiment très intéressant par la dénonciation qu’il fait de la dictature actuelle du bonheur. Les auteurs expliquent en fait que le bonheur de chacun est devenu non plus une question sociétale mais une responsabilité individuelle voire une injonction. Bref, je te le conseille fortement ! Je suis totalement d’accord avec ce que tu dis. Et puis cette nouvelle mode des stars posant sans maquillage est vraiment traître parce qu’elle donne l’impression que maintenant que tout le monde est « au même niveau » (sans maquillage), la comparaison est possible alors que c’est aussi une question de lumière, de mise en scène et cie. (surtout que j’ai du mal à croire qu’il y ait vraiment zéro maquillage) Ca renforce la vision négative que les gens peuvent avoir d’eux-mêmes.

  12. Audrey dit :

    Merci pour ton article, ce que tu écris est très juste je trouve, et je commence à me questionner sur mes propres blocages. Sur le développement personnel, j’ai découvert les réflexions « anti-self-help », notamment de Meg-John Barker : https://www.rewriting-the-rules.com/self/self-help-or-not-self-help/# que je trouve très intéressantes.

  13. Lucie Guë dit :

    « Je ne crois pas au message « il faut s’aimer pour aimer les autres », je pense que c’est plutôt l’inverse. » => Je trouve ça tellement pertinent ! J’imagine que chacun.e est différent.e et fonctionne selon son propre mécanisme mais je reste persuadée qu’en ce qui me concerne, je m’aime beaucoup plus en commençant par aimer les autres.

    Il est vraiment bien écrit ton article, j’ai hoché la tête à chaque ligne. Selon moi, la solution ultime dans tout ce marasme est vraiment de simplement faire ce qu’on peut et ce qu’on veut. Il est difficile de savoir ce qu’on veut réellement à cause de toutes ces injonctions qui font tout pour nous guider faire des choix et des affirmations vers lesquels on ne serait pas allé s’ils n’avaient pas existé. C’est difficile, j’ai l’impression que c’est une lutte perpétuelle.

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  18. Anne dit :

    Je lis enfin ton article, il est très juste.
    J’allais te conseiller la vidéo d’Antastesia sur le développement personnel que j’aime beaucoup, je vois que tu l’as rajouté à tes liens.

    Sinon la photo de Mila Kunis « sans » make up est indécente parce que tellement retouchée et éclairée. C’en est triste.

  19. Teste dit :

    Merci beaucoup :)

  20. Doublesix dit :

    Le dév. personnel est devenu un business comme autre. Peut-être même depuis longtemps. J’ai ce cliché de la perfection en tête depuis l’enfance : celui de la fille belle, relax, qui fait du yoga, boit du thé vert dans un appartement feng-shui (et avec un chat à poil long !).
    C’est pourquoi j’ai longtemps cru que le yoga était réservé à certaines filles, très souples, très belles, etc. 😀
    J’en fais de temps à autre à présent et ça fait beaucoup de bien alors que je pensais que ce serait inaccessible difficile.

    Bien d’accord sur le Miracle Morning !
    Hal Erold diffuse des idées intéressantes qu’il faut retravailler à sa sauce je dirais, mais pas-touche-à-mon-sommeil non plus ! Est-ce un hasard, je ne sais pas, mais l’auteur a (de nouveau je crois) un cancer. C’est un peu facile de diffuser ses recettes/principes maison (miracle morning, manger cru, etc.) comme le font de nombreux, blogueurs, youtubeurs, sans validation scientifique, médicale.

    Cette exigence d’amélioration constante de soi-même, en plus d’être devenue un business, c’est aussi une époque : on rationalise un maximum les tâches des gens dans les usines ou à l’hosto (pas de temps morts car Time is Money), on est tous sur des réseaux sociaux où il est bien vu de s’exposer (et donc sous son meilleur jour – on a critiqué ma photo facebook récemment car c’est une photo de chat, pas de moi :D), bref, tout nous encourage à nous considérer comme un capital qu’il faut faire fructifier et faire connaître, reconnaître. Ça marche très fort sans doute aussi du fait que beaucoup de gens cultivent la pensée positive et refusent, cachent les moments où ça va mal. Désolée pour mon commentaire décousu et mes digressions mais je décuve après une nuit de fête.

  21. Emmanuelle dit :

    Magnifique article ! C’est ce que pressentais en moi, tes mots m’ont aidée ! BRAVO pour tout ce que tu fais

  22. Baleineblanche dit :

    Un petit détail dont on parle peu, prendre le temps d’aimer les autres, sans envie, sans pitié, et être aimé en retour de la même façon est la plus belle chose qui puisse être. Je suis aussi fatiguée de ces injonction permanente, s’aimer soi-même ne veut pas dire grand-chose dans le fond…

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